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Questions de parents · CP au CM2

Comment ne pas crier pendant les devoirs ?

Si le ton monte pendant les devoirs, vous n'êtes pas un mauvais parent : c'est un moment sous pression, pour lui comme pour vous. Sur le moment, arrêtez-vous et reportez. Après, réparez. Puis changez ce qui déclenche : l'heure, la durée, la façon d'expliquer.

D'après Grolnick et Pomerantz (2022), l'Education Endowment Foundation et le ministère de l'Éducation nationale. Mis à jour le 8 novembre 2026.

Assis par terre devant une bibliothèque, un papa, la main au menton, regarde sa fille assembler un jeu en bois.

En bref

Les chercheuses qui étudient l'aide des parents le disent : les devoirs peuvent frustrer enfants et parents, à cause de la pression. Vous n'avez pas à tout régler ce soir. Trois gestes aident : s'arrêter avant de crier, réparer ensuite, et garder un moment court, à heure fixe.

Quand le ton monte

Trois gestes, dans cet ordre.

  1. Arrêtez-vous

    Avant de crier

    • Repérez le signal : votre voix qui monte, ses soupirs, le crayon qui tombe.
    • Posez ce que vous tenez, reculez d'un pas.
    • « On fait une pause. Je reviens dans deux minutes. »
    • Allez boire un verre d'eau.
  2. Reportez

    Le cahier se ferme

    • Aucun exercice ne vaut une dispute.
    • « Ce n'est pas grave, on reprendra demain. »
    • Pas fini ? Un mot dans le cahier suffit.
    • « Nous n'avons pas pu finir, c'était trop difficile ce soir. »
  3. Réparez

    Quand tout le monde est calme

    • Le soir même, si vous pouvez.
    • « Je me suis énervé. Ce n'est pas de ta faute. »
    • « Qu'est-ce qui était dur pour toi ? »
    • Une histoire, un câlin, et on passe à autre chose.

Ce qui déclenche, et quoi changer

  • Vous êtes fatigués tous les deux

    Changez l'heure : après le goûter plutôt qu'avant le dîner, ou le matin pour une leçon courte. Gardez ensuite la même heure chaque jour.

  • Ça n'en finit pas

    Annoncez la fin avant de commencer : « On fait 10 minutes et on s'arrête. » Mettez un minuteur.

  • « Tu ne fais pas comme la maîtresse ! »

    Ne défendez pas votre méthode. « Tu me montres comment vous faites en classe ? » Et suivez son cahier.

  • Vous répétez la même chose, plus fort

    S'il n'a pas compris, le redire plus fort n'aidera pas. Changez d'outil : des objets, un dessin, un autre exemple.

  • Vous avez peur qu'il prenne du retard

    Regardez ce que prévoit sa classe : le programme donne des repères sur toute l'année, et chaque enfant avance à son rythme.

  • Il dit « je suis nul »

    Ne discutez pas. Ouvrez le cahier sur quelque chose de réussi, et montrez-lui précisément ce qu'il sait faire maintenant.

Ce que dit la recherche

Ce que montrent les études et ce qu'écrit le ministère, puis ce que ça veut dire le soir.

  • Un moment sous pression

    Les devoirs peuvent être frustrants pour les enfants comme pour les parents, par exemple à cause de la pression de devoir finir à temps. C'est dans ce contexte que l'aide tourne le plus facilement à la contrainte et à l'agacement.

    En clair : si ça dérape, ce n'est pas un défaut chez vous : ce moment est difficile pour tout le monde.

  • Ça s'apprend

    Dans les études où des parents ont appris des façons concrètes d'accompagner les devoirs, les enfants finissent plus souvent leur travail, ont moins de problèmes avec les devoirs et de meilleurs résultats.

    En clair : pas besoin d'un don : des gestes concrets, ça s'apprend.

  • Une routine

    L'Education Endowment Foundation conseille d'installer une routine régulière et de bonnes habitudes. Une routine claire peut augmenter le temps passé sur les devoirs et le rendre plus efficace.

    En clair : même heure, même endroit, même durée : il y a moins à négocier chaque soir.

  • Ce que l'école peut demander

    « L'interdiction des devoirs à la maison, au sens “exercices écrits à exécuter hors de la classe” a été régulièrement rappelée depuis 1956 »

    En clair : c'est ce qu'écrivait le ministère en 2013, en ajoutant que relire, revoir une leçon ou les tables reste demandé. Votre soirée n'a pas à devenir une deuxième journée de classe. Si le travail vous paraît lourd, parlez-en à l'enseignant.

Vos repères

  • Aucun exercice ne vaut une dispute. Un cahier refermé se rouvre demain.
  • Réparer compte. Dire que vous vous êtes énervé lui montre qu'on peut se tromper et le reconnaître.
  • Court et à heure fixe. Moins à négocier, moins à tenir.
  • Un relais, ce n'est pas un échec. Aide aux devoirs, CLAS, cours particulier : quelqu'un d'autre peut prendre ce moment.

Quand demander de l'aide

Si les devoirs finissent en pleurs plusieurs soirs par semaine, si votre enfant a mal au ventre avant l'école ou refuse d'y aller, parlez-en à l'enseignant, au médecin scolaire ou à votre médecin. Et si c'est vous qui n'en pouvez plus, parlez-en aussi à votre médecin. Ces repères ne sont pas un diagnostic.

Vos questions

J'ai encore crié : est-ce grave ?

Ça arrive. Ce qui compte, c'est ce qui vient après : dites que vous vous êtes énervé et que ce n'est pas de sa faute. Si ça revient souvent et que ça vous pèse, parlez-en à votre médecin.

Et s'il pleure à chaque fois ?

Arrêtez pour ce soir. Regardez ensuite si c'est trop long ou trop difficile, et parlez-en à l'enseignant : il peut vous dire ce qui est vraiment attendu.

Faut-il finir les devoirs coûte que coûte ?

Non. Un mot à l'enseignant vaut mieux qu'une soirée de dispute : « Nous n'avons pas pu finir, c'était trop difficile ce soir. »

Quelqu'un d'autre peut-il s'en occuper ?

Oui : aide aux devoirs, accompagnement à la scolarité (CLAS), activités pédagogiques complémentaires à l'école, cours particulier. Un relais extérieur peut apaiser le soir.

Sources

Leie vous guide, semaine après semaine

Où en est votre enfant, ce que prévoit le programme et quoi faire ce soir : Leie vous le dit toute l'année, du CP au CM2. Laissez votre e-mail, rien à payer.